29 août

Dure Rinjani

2h30 le réveil sonne, je suis le seul à l’entendre. Je pourrais dire “comme d’habitude” mais cette fois, je la laisse dormir. Je fais mon sac dans le noir, je prends le strict minimum : une lampe, l’appareil photo, une boussole, mon couteau et de la ficelle (au cas où je devrais survivre dans cette montagne hostile).

Je pointe le nez dehors, il fait froid. Nous sommes cinq autour du feu : Yani, Sandrine, Anne, Florence et moi. Les autres dorment. Un café et c’est parti. l’ascension jusqu’au sommet est de 1100m, Yani estime que nous mettrons 3h à l’atteindre. Le première heure nous met dans le bain, nous grimpons en file indienne entre les rochers, le sol est glissant, c’est rude. Les muscles se réchauffent doucement avec le froid. Florence commence à souffrir, elle se demande pourquoi elle est venue. Il faut tenir, notre récompense sera de taille avec le levé du soleil. Pour la deuxième partie, je décide de faire équipe avec Sandrine. Nous avons un rythme similaire, nous partons en tête.

La nuit trouble la vision. Je distingue mal l’inclinaison et la profondeur de la chute qui longe notre chemin, mon imagination me donne une image, rien de rassurant. Je garde les yeux rivés sur la piste, le moral est d’acier, j’avance. C’est le froid le plus dur. Connerie de levé de soleil, pourquoi vouloir le voir du sommet. Dernière montée, la plus dure, 1h à grimper dans les graviers, chaque pas s’enfonce de moitié, pas de quoi s’abriter du vent. Pourquoi grimper la nuit ? Con de touristes, va ! Encore un effort, ça y est, le soleil pointe le bout de son nez, putain c’est beau ! Le sommet, enfin ,je suis a 3700m d’altitude, malgré la vingtaine de personnes présentes, je reste dans ma bulle. La vue est superbe, le soleil commence doucement à me réchauffer. Je prends quelques photos avec les mains enquilosées.

La descente est ludique, les flancs de montagnes n’étaient pas aussi abruptes que je l’imaginais. le soleil me rechauffe, je suis en pleine forme.

Arrivée au campement, tout le monde est réveillé. Petit déjeuner bien mérité, je prends deux rations de pancake à la banane. Une dizaine de singes nous surveillent, j’imagine leurs pensées : “Manger, manger, manger…”

Je me sens bien, sur mon petit nuage, ça valait le coup.

Il est 8h et la journée ne fait que commencer.

S’ensuivront, une descente de 1000m jusqu’à un magnifique lac d’altitude pour prendre un repas et une baignade dans une source chaude. Puis une fois les muscles bien ramolis, nous remontons 1000m jusqu’au camp. Le tout est exténuant, surtout cette deuxième journée, 12h de marche pour ceux qui font l’ascension du mont. Si nous avions un conseil pour ceux qui souhaitent entreprendre ce trek, ce serait de prendre votre temps. Pour cela il faut organiser soit même sa randonnée en louant les services d’un guide, de porteurs et de le faire sur 4 jours et 3 nuits avec une nuit près du lac.

Cette méthode permettra peut être de mieux se rendre compte de la destination de votre argent. Nous étions 8 à faire ce trek. Chacun de nous a dépensé 150$ pour 3 jours, 2 nuits avec un guide et 4 porteurs. Avant notre départ, le patron nous a gentiment rappelé que les pourboires faisait partie de la culture française, de la sienne également et que c’est important.

Important, pourquoi est-ce autant important ? Nous avons donné 1200$ pour un trek hyper rodé de 3 jours. Le matériel était très abimé donc surement rentabilisé et les repas étaient bon mais simple. Normalement, la majeur partie de l’argent devrait aller aux salaires des porteurs et guides qui font tout le boulot. Ca ne semble pas être le cas. Suite a un débat dans notre groupe sur combien donner, comment, pourquoi ? J’ai entrepris d’en discuter avec notre guide, il m’a confié que tout les guides et porteurs du Rinjani, toutes agences confondues, etaient payés la même somme. Cette somme leurs permets de regler le loyer, se nourrir, envoyer les enfants a l’ecole et se payer un mariage. Tout les extras c’est grâce aux pourboires. “Seul les patrons s’achètent des voitures”. Injuste, c’est le système et il ne peut pas se permettre de perdre son job.

Que faire, donner des pourboires c’est conforter le patron, il n’a pas besoin de les payer plus, nous le faisons pour lui.

Ne pas donner pénalise les petits.

Donner en expliquant notre point de vue au patron peut mettre en danger les emplois de nos guides et porteurs qui eux ne se rebelle pas. Jeter un pavé dans la marre et partir est la pire des solutions, nous ne sommes rien de plus que des touristes avec notre programme de voyage. Nous ne démarrerons pas de révolution ici. Apres 6h de débat, nous donnons des pourboires et partons.

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