29 août

1er pas en Indonésie

« Vu d’ici, c’est simplement superbe ! « 

Tout les deux, à 10 000 m d’altitude, la tête collée au hublot, nous restons ébahis. L’Indonésie est constituée d’une multitude d’îles et d’îlots, 18 100 au dernier recensement. Elles sont de formes et tailles diverses, vertes ceinturées d’un liseré blanc. Le tout est baigné dans un bleu azur variant au gré du soleil et des fonds marins.

Un pied au sol, le deuxième, nous sommes en territoire indonésien. Mais, la question est pour combien de temps ? Nous avons une incertitude de taille, en tant que français, nous ne ne sommes pas certain que dans cet aéroport nous puissions obtenir un visa à l’arrivée.

Première étape, bonne nouvelle, c’est le VOA (Visa On Arrival) ! Les douaniers sont joyeux. Contre 25 dollars et un sourire, nous obtenons nos visas et en chansons en plus !  (Visa d’une durée d’un mois et reconductible, contrairement à ce qui était annoncé)

A la deuxième étape, la vérification de notre identité, le sourire s’éteint. Nous sommes face à une affiche digne du Hellfest. Elle nous rappelle qu’ici, on pratique la peine de mort pour possession de drogue.

A la troisième étape, nous sommes franchement mal à l’aise. Un douanier fouille le sac d’Isa. Pendant qu’il étale ses affaires, les questions fusent : vacances ou travail ? Parlez-vous indonésien ? Retrouvez-vous quelqu’un ? La caméra, c’est pour un reportage ? Mariés ? … Nous n’avons rien à nous reprocher mais c’est stressant et avons-nous toujours eu l’oeil sur nos sacs ? Nous n’allons quand même pas jouer le remake de « Midnight Express » ? Enfin, tout est en ordre. Merci monsieur et bonne journée.

Bandung n’est pas ce que nous pourrions appeler une ville chaleureuse. Animée plutôt, 2 500 000 de personnes y vivent. Belle, pas vraiment, les rues sont sales et les bâtiments sans caractères. Dynamique, oui, une prestigieuse université attire un grand nombre d’étudiants et de nombreuses entreprises de textile apportent des emplois. Touristique, non, pourtant elle reflète la vrai Indonésie urbaine, pas celle des cartes postales.

Nous n’avons pas vraiment pris le temps de visiter Bandung. Nous sommes restés un jour et deux nuits au  » By Morritz homestay ». Deux nuits pour nous rendre compte que nous ne sommes pas rassuré ici. Les rues sont mal éclairées et les histoires de vol à main armée de Morritz n’ont rien arrangées. La guest house est propre mais glauque, spacieuse mais déserte. Le deuxième soir, nous sommes heureux de partager un verre avec trois français : Delphine, Violaine et Sebastien. Les rencontres, c’est bon pour le moral.

Une journée, c’est pour déambuler. A la gare, nous visitons les wagons d’un train en stationnement. Demain, nous partons pour Yogiakarta et nous devons choisir entre la 2ème et 3ème classe. Equation: 8h de trajet multiplié par un mal de dos carabiné divisé par un budget serré est égal à… : La seconde classe, il ne faut pas abuser non plus.

Rangez vos calculatrices, une pluie diluvienne s’abat sur nous. Nous courrons nous abriter dans un cinéma. Une comédie américaine, c’est parti. Notre voisin obèse adore. Je sens tout le poids de sa joie lorsqu’il se vautre sur moi, hilare. En même temps, son rire est communicatif, nous rions en coeur. Retour du soleil, nous nous dirigeons vers le palais gouvernemental pour assister à la cérémonie de la fête de la déclaration d’indépendance indonésienne. Il y a peu de public, surtout des officiels. La nuit tombe, la ville s’assombrit, nous rentrons à l’hôtel.

Nous aimons vraiment prendre le train et le trajet pour Yogiakarta est particulièrement magnifique. Il serpente les rizières en escaliers, nous traversons des ponts si étroits qu’ils sont invisibles vu du train, c’est vertigineux. Assis près de la porte ouverte du wagon, nous en prenons plein les yeux.

Yogiakarta est une ville touristique : palais du sultan, Borobudur, Prambanan… Dans les rues, nous sommes étouffés par la quantité de boutiques de Batik (imprimé textile). Au bout de la rue, un bol d’air, c’est l’esplanade aux cerfs volants, en compagnie de musulmans, nous attendons la tombée de la nuit. Même pendant le Ramadan, la ville reste animée : spectacle de marionnettes, marché aux oiseaux, le nom laisse rêveur mais c’est une boucherie. Voulez-vous une chauve souris grillée, c’est bon pour l’asthme? Merci beaucoup, je vais plutôt vous prendre un jus d’avocat. De retour à la guest house, nous retrouvons Delphine, Violaine et Sébastien. Nous apprenons à mieux nous connaître autour d’un dîner, c’est agréable de se revoir, ne pas être toujours dans la rencontre éphémère.

Borobudur, le plus grand monument bouddhiste du monde

Prambanan, temple indouiste

- Benjamin, tu peux payer pour nous deux ?

- Bien sûr pourquoi ?

- J’ai perdu ma carte bleue.

- Eh merde !

2 Commentaires

  1. cyril
    septembre 17, 2010 à 12:31
    Permalien

    C’est vrai que les p’tits gars de la military police n’ont pas l’air commodes! Moi je goûterais bien une chauve-souris grillée quand même…

  2. septembre 26, 2010 à 10:05
    Permalien

    du vinyle ds le spot a disque?

Ajouter un Commentaire

Votre e-mail n'est jamais publié ou partagé. Les champs obligatoires sont marqués par un *

*
*