01 déc

Varanasi (Benares)

 
 
 
 

On y est, dimanche 31 octobre : c’est à notre tour de partir au bout du monde, destination India !

 Après quelques heures de vols rythmées par les repas servis toutes les 2 heures, les films et une escale à Muscat, nous arrivons enfin (Brigitte, Jean-Paul et moi) le lundi à Delhi. Déjà dans l’avion (de Muscat à Delhi), les odeurs d’épices et les visages typés nous emmenent dans un autre monde. Une première immersion indienne, au petit matin, quand tout le monde commence sa journée : les voitures vrombissent et klaxonnent autour du taxi, les écoliers s’empressent de rejoindre l’école – un flux de monde impressionnant qui déboule de partout – alors que dès notre arrivée à l’hôtel, nous nous écroulons sur nos lits. Nous resterons dans la capitale jusqu’au mercredi matin.

 Départ mercredi 3 novembre pour Varanasi (autrement dit Benares : ville au bord du Gange, située à l’est de Delhi). Le voyage en train nous fait très bien ressentir l’ambiance indienne : en 13h, on a de quoi voir des choses ! On est parti tôt le mercredi matin, de la gare de New Delhi, il faisait encore nuit noire. Les gens n’avaient pas l’air d’en revenir de voir débarquer trois petits blancs, vadrouillant sur les quais, avec des sacs plus gros qu’eux sur le dos. A ce moment là, tout est encore un peu confus entre le changement radical de vie et l’excitation d’être le soir pour retrouver nos baroudeurs. Il y a toujours ce flux important de personnes : tantôt assises, tantôt debouts, parfois même couchées. Jusqu’au dernier moment, tu te demandes si tu es sur le bon quai, et là tu regrettes la jolie voix de la dame de la sncf (la version indienne n’est pas très compréhensible). Durant le trajet, tu découvres, dans un espace restreint, la vie indienne : les aléas incessant des gens dans ton compartiment -qui passe de 4 places couchettes à 10 places assises-, les commerçants qui défilent dans le couloir en criant « Chaï » ou « Tomato soup », tandis que le paysage indien défile par ta fenêtre.

Ce n’est que vers 21h que nous sommes arrivés à Varanasi. La première partie du trajet pour rejoindre l’hotel fut en taxi. On distinguait avec difficulté la route, cependant les ornements divers et colorés des camions nous distrayaient car ils ressemblaient véritablement à des têtes de catcheurs (ce qui permettait ainsi de ne pas nous préoccuper de la conduite particulière indienne). Par la suite, nous avons du marcher jusqu’à l’hôtel, guidés par une gentille famille. On comprit très rapidement pourquoi les rues n’étaient pas praticables en véhicule, l’étroitesse du passage nous obligeait à esquiver les habitants, les chiens et dans un plus gros gabarit, les vaches.

Nous arrivâmes enfin, encore essoufflés par cette marche. Surgits de nulle part, Benji et Isa guettaient avec impatience notre arrivée. Bizarrement à ce moment là, t’es étonné de les voir, genre : « Oh tient qu’est ce que tu fais en Inde, toi aussi ? ». S’en suivent embrassades, larmes et grandes émotions ; pouvoir enfin les revoir, les pincer pour vérifier que tu ne fais pas un rêve. Après tout ça, on ne tarda pas à se coucher rapidement.

Tiens il est 9h, en ce jeudi 4 novembre, le Benjamin chantonne et frappe à notre porte – réveil en fanfare, encore tous un peu excités des retrouvailles. En ce début de matinée on prit le temps de petit déjeuner, planifier le programme du voyage et changer de chambre (avec toilettes Western, s’il vous plait – j’ai jamais été aussi contente d’avoir des toilettes !). Et Hop ! C’est parti. Après avoir mangé dans un restaurant à quelques mètres de l’hôtel et un peu de shopping, nous nous lançons pour l’apres midi dans la decouverte de la ville : se fondre dans la masse, parcourir les rues étroites, rencontrer les autochtones, s’émerveiller des étales d’épices de toutes les couleurs, des magasins de tissus et de vêtements, des barbershop … sentiment agréable de se mêler à une population aussi souriante, accueillante et étonnante. Chose surprenante de voir des commerçants de tissus qui se fabriquent un véritable petit nid douillet : le sol du magasin est un gigantesque matelas et tout en étant avachis, bien pénards, ils essaient de te vendre leurs objets. Notre vadrouillage dans la ville nous amene à rencontrer un homme qui deviendra le guide de nos 2 balades en bateau. La première fut le soir même, alors que la nuit tombait sur la ville, nous voguions sur le Gange. Il est difficile de retranscrire tout ce que l’on a pu apprendre du guide sur les rites et coutumes de l’hindouisme, car c’est en soi très compliqué (les différents rapports aux dieux, ce qu’ils doivent faire…). Pour ma part j’ai appris une très belle leçon de vie sur leur conception du respect et leur philosophie. Pour partager une anecdote, sachez qu’en Inde, on considére que les hommes qui ont de l’embonpoint ont une vie heureuse. Il paraitrait également que les femmes qui possèdent une poitrine généreuse sont celles en qui l’on peut faire confiance, car les dieux les ont distinguées ainsi des autres. Nous avons acosté non loin de notre hôtel, là où se produisait comme chaque soir une cérémonie religieuse en l’honneur de Shiva, le dieu du Gange. Ce genre de célèbration est d’autant plus intéressant qu’il nous a fait ressentir la sérénité et l’énergie qui s’en dégagent. A travers cette journée sous le signe de la découverte de la culture hindoue, on a pu comprendre l’importance qu’ils portent à leurs dieux. Il est encore difficile pour nous de tout assimiler mais tout était en simplicité et vraiment beau à regarder – une mise en poésie d’un rite religieux.

 

Réveil avant l’aube ce vendredi, vers 5h30, pour aller s’aventurer une nouvelle fois sur le Gange, mais cette fois-ci avec le lever du soleil ! Le bateau de la veille nous attendait sur le Ghât (nom masculin singulier : escaliers servant à descendre au Gange), en bas de l’hôtel. On a pu voir les différents Ghât qui bordaient le fleuve, par exemple le GayGhât (celui en l’honneur des vaches) et bien d’autres encore… ces avancées sur le Gange permettent aux fidèles d’y accéder facilement, aussi pour s’y laver et nettoyer leur linge. Malgré l’heure matinale, on a croisé énormément de monde. Tout ce mouvement de foule était accentué par la grande fête religieuse du moment : Diwali. Notre balade fut donc bercée par les chants, les prières … et aussi le son d’une clarinette (jouée par une américaine qui habite dans le coin). Tout était en harmonie : les couleurs qui jaillissaient des bâtiments, les tissus étendus sur les marches et le lever du soleil. L’ambiance sereine aurait pu nous inciter à rejoindre les amateurs de yoga, qui faisaient leurs exercices au bord du fleuve. Dès notre retour sur la terre ferme, nous nous ruâmes pour aller déjeuner dans une bakery très sympa. De retour à l’hôtel nous nous écroulâmes de fatigue dans nos lits ; on est courageux mais pas tellement témérairse ! Notre sieste fut rapidement troublée par des bruits de pétards et les cris de joies des autochtones, en raison de Diwali. Quand on a finalement bougé, dans l’après midi, les rues étaient remplies de gens qui priaient devant les temples éparpillés dans toute la ville. Difficile de se frayer un chemin ! Les rues résonnaient par des « Happy Diwali » a tout va – petit jeu, auquel on s’est rapidement accoutumé. C’est une fête religieuse que l’on peut comparer à Noël, par l’échange de cadeaux, mais qui reste singulière par le partage et la gaité de tous envers tout le monde. Au cours de cet après midi, nous sommes allés voir un tout autre genre de cérémonie : les incinérations pratiquées au bord du Gange, endroit le plus propice pour établir un contact avec les dieux et permettre au défunt d’accéder plus rapidement aux cieux. Il est difficile d’en parler car déjà la volonté de voir relève quelque peu du voyeurisme. Mais je pense que chacun de nous a su prendre du recul pour comprendre la pratique. En quelques mots : le corps du défunt, revêtu d’un drap blanc, est posé et recouvert de bois auquel on met feu après une danse et des prières pour le mort. C’était impressionnant à regarder car il y avait au moins cinq incinérations en même temps et d’autres corps attendaient sur les cotés (affluence due à Diwali : jour saint).

Pour nous remettre de nos émotions, nous sommes rentrés nous reposer sur la terrasse de l’hôtel, qui donne sur les bords du fleuve, apprécier les feux d’artifices et ajouter notre petite touche frenchie en s’empiffrant de saucisson, de fromages et de vin (que l’on avait rapportés de France). Pour finir cette dernière journée à Varanasi, nous sommes retournés en ville, nous fondre dans cette ambiance festive (presque trop, avec les bruits assourdissants des pétards).

 

 

Dernier jour à Benares, samedi 5 novembre : on fait un dernier petit tour dans la ville pour y acheter les cadeaux et souvenirs. La cité n’a plus de secret pour nous et les passages entre les rues deviennent un jeu. On prend juste le temps de manger dans notre bakery préférée. Et pour ne pas manquer à nos habitudes, on se surprend toujours à se rendre compte qu’on est légèrement en retard pour prendre notre train : prochaine destination Khajuraho.

 

PS : Petite anecdote rigolote – on a vu un dauphin dans le Gange !

 
 
 
 
 

 

Texte de Justine

Photos de Justine et Brigitte

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