28 déc

Awareness

… on est la mer. Non, non, pas les vagues, la mer entiere.”

Germano-NewYorkaise, la cinquantaine, le 26 decembre 2010 a l’Ashram d’Amma.

Je tiens à dire que ce qui suit est un avis personnel sur une seule expérience de 4 jours. Certains penseront peut être que je n’ai rien compris, que je suis prétentieux. C’est fort possible, et dans ce cas pouvez-vous m’ecrire un commentaire. Mais cette expérience m’a beaucoup marqué, j’y pense encore et c’est ainsi que je la ressens après deux mois.

J’ai passé 4 jours dans un ashram, vous savez, ces communautés portées par une religion et surtout son maître spirituel ou “Guru”.

J’entends déjà certains me dire : “Mais qu’est ce qui t’a pris d’aller là bas, ça ne te ressemble pas ?”

Laissez-moi vous répondre : “C’est vrai, qu’est ce qui m’a pris ?”

C’est peut être par simple curiosité ; ou pour le message d’Amma, la Guru, plus humaniste que religieux ; mais à vrai dire, j’ai surtout suivi Emma, une amie de l’université d’Angers que j’ai retrouvée après 6 ans en Inde.

Pour resituer, Amma (mère) est une femme Guru d’une cinquantaine d’années. Elle est ronde, même très ronde, avec un visage  doux. Elle est connue à travers le monde car elle transmet son message d’amour en enlaçant de ses gros bras grassouillets des gens de toutes origines et religions. Ca m’a séduit.

Amma est très souvent en déplacement, j’ai eu la chance d’être à l’ashram en même temps qu’Elle. Elle était assise en tailleur sur scène, entourée de plusieurs dizaines de fidèles. Pour la rejoindre et se faire embrasser, une longue file d’attente composée d’indiens, de western, d’eastern, tout le monde est là dans un même but, le darshan de la “Hugging Mother”. Elle est en place depuis maintenant 6h, et le restera jusqu’à ce que tout le monde soit passé. C’est mon tour, un assistant me demande quelle est ma langue maternel, il me fait signe de m’agenouiller afin d’être à son niveau. J’avance sur les genoux, Elle me regarde, prend délicatement ma tête et la pose sur sa généreuse poitrine. C’est étrange, je suis entouré d’un millier de personne, filmé et rediffusé sur les écrans de l’ashram et pourtant j’ai l’impression d’être seul avec Elle. Après deux-trois minutes, j’essaie de relever ma tête, non, Amma a décidé que ce n’était pas encore le moment. Elle me glisse quelques mots en français à l’oreille et je m’invite à me relever. C’est fort d’embrasser autant de personnes en une session et de rendre chaque calin unique et intime. Je suis impressionné par son charisme, ému.

Je me relève complètement, souriant. Je regarde la prochaine personne à passer, c’est une anglosaxone d’une quarantaine d’année, souriante, elle tient une lettre entre ses mains. En passant, je regarde par-dessus son épaule pour lire furtivement le document : ” Merci Amma de m’avoir trouvé, avant moi-je, moi-je, depuis moi, moi, moi, enfin je, je, je t’ai fais un chèque de 900 $.” Non mais c’est qui cette conne qui fait sa propre éloge et qui estime nécessaire qu’Amma en personne sache que son “humble serviteur” lui a fait un chèque de 900$. Ses 900$, en fait-elle don ou achète-elle la reconnaissance d’Amma. Ah ! ça m’énerve !

L’ashram d’Amma est une petite ville de 3000 habitants. Certains sont de passages, d’autres résidents. Le lieu est étonnant, situé sur une étroite bande de terre entre mer et rivière. La ville est remarquable par ses trois immeubles roses de 10 étages qui emmergent au dessus d’une forêt de palmiers. A l’extérieur de l’ashram, un village indien classique, c’est un autre monde. A l’intérieur, nous sommes dans une bulle, protégé, en dehors de l’Inde, en dehors du monde. Les adeptes flottent dans leurs habits blancs entre spiritualité et bien être, laissant leurs auto-réflexion de côté, préférant la confier à Amma. Je ne comprends rien, j’ai le sentiment d’être entouré de lâches. Le monde est forcément plus beau quand on ne pense qu’aux oiseaux bleus.

Ca me fout hors de moi ! J’y ai rencontré des gens d’un égoïsme et d’une fermeture d’esprit impressionnante. Ils sortent des théories sur le monde qui doivent faire leur réputation dans les lieux branchouilles de New York, Londres ou Paris. On y parle de soi, on y médite sur soi, on ne pense qu’à son cul. C’est tellement loin du message d’Amma que j’entends très ouvert sur les autres.

Je pensais que ces gens venaient dans cet ashram pour prendre un peu et donner beaucoup, faux. Le seul don consiste a consacrer un peu de son temps pour faire la vaisselle, nettoyer le sol ou repeindre un mur. C’est dons sont pour la communauté, ils sont encore pour “soi”. J’ai tout d’abord voulu en prendre un pour taper sur les autres en criant : “Mais réveille toi !!!” Puis j’ai pensé que c’était eux les paumés, ils ne peuvent pas aider les autres, ils n’arrivent même pas à s’aider eux-même. Amma reste un Guru, Elle a besoin que son message soit prit sans discuter. Il faut que je me barre !

Je suis reparti bouleversé, je le suis encore, mais heureux de cette expérience qui m’en apprend sur moi. Même si c’est à l’inverse de l’enseignement qu’on y reçoit.

 

 

Un Commentaire

  1. Brigitte
    mars 13, 2011 à 6:51
    Permalien

    OUF j’ai eu peur !

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